Et si…

Coucou tou.te.s 🙂,

 

Hier je discutais avec une collègue que j’apprécie beaucoup. Nous partageons un même problème : nos angoisses. Elles ne sont pas forcément identiques, par contre, elles nous freinent, voire nous bloquent, autant l’une que l’autre.

Je suis très heureuse de l’avoir rencontrée, parce que d’abord je l’aime bien, et aussi parce que lorsque je me suis lancée dans mon projet, je me suis également fait une promesse : « n’abandonne pas tes semblables ! » ou en d’autres termes : « mets en avant ton profil d’angoissée. Si ça peut un jour aider ne serait-ce qu’une personne à se lancer dans son projet, malgré ses peurs qui la paralysent (comme les tiennes te le font), alors tu te dois aussi de lui expliquer comment tu vis cette expérience, tout au long de ton parcours. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, quand on est trouillard.e (ce n’est pas une critique, c’est une expérience de vie), on le reste. »

D’ailleurs, si quelqu’un.e possède le secret pour vaincre (mais vraiment) ses appréhensions (je parle d’un profil névrotique, pas juste « bouh j’ai peur » et j’avance la fleur au fusil), je veux bien qu’i.e.l me le révèle. Pour l’instant tout ce que j’ai trouvé c’est la négociation avec mon anxiété, grâce à la kinésiologie (ça m’aide énormément).

 

Ma promesse est due à l’un de mes rares regrets : ne pas avoir trouvé un mentor afin de me guider dans la vie. Entendons-nous bien, je suis assez chiante pour poser toutes les questions qui me taraudent, autant de fois que nécessaire, aux gens qui peuvent y répondre et assez amoureuse du triturage de méninges pour analyser réponses et propres expériences. Seulement, jamais personne ne m’a prise sous son aile (tout du moins de façon désintéressée), en me rassurant d’un : « ne t’inquiète pas, j’assure tes arrières » (et donc sans me pousser dans une voie qui les intéressait sans se soucier qu’elle m’intéresse… tout ça pour me lâcher comme un vieux mouchoir, une fois obtenu satisfaction ou – quand j’ai eu plus de bouteille – s’apercevoir que je n’étais pas dupe et que je me servais autant d’eux et d’elles que l’inverse).

Mes parents ont bien tenté de m’initier à leur perception de la vie, mais… je ne la partageais pas entièrement et j’ai constaté qu’elle me freinait au lieu de m’aider à avancer. J’ai donc décidé très tôt d’apprendre à me débrouiller seule dans l’analyse de la vie.

En fait, je crois que je ne suis pas une suiveuse… et c’est mon deuxième regret. Par conséquent, j’ai renoncé à trouver un guide (vu que je n’accorde jamais mon crédit sans réfléchir à la question). Je ne suis pas non plus une meneuse, n’en déplaise à ceux qui m’ont reproché de ne pas leur servir de bouclier. Je suis un électron libre qui aime partager – tout en tenant à cette liberté.

 

T’aurais pas un peu digressé là ?

Un peu ? Non… beaucoup. Revenons-en au sujet principal !

 

Ma collègue a un projet en tête. Un projet qui me parle. Quand elle l’aura réalisé, je serai sa première cliente. Mais voilà, tout comme moi : elle flippe. Bon… elle a aussi des freins matériels, mais là n’était pas le sujet de notre conversation d’hier.

La question qui est souvent revenue était : « comment sais-tu que tu fais le bon choix ? » Je me suis posé cette question tellement de fois et j’ai quasiment toujours reçu une de ses deux 🤬😡😤 de réponses : « y a pas de bon choix » ou « ben j’en sais rien, il suffit de se lancer, c’est tout ». Certaines personnes ont également eu l’outrecuidance de m’expliquer que « dans la vie faut être sûr.e de soi » (ou réponse assimilée).

Foutez-vous de ma gueule ! 😤

(Oui, j’étais très énervée plus jeune 😅)

 

Bien mal m’en prend aujourd’hui de critiquer ces gens-là, alors que grosso-modo, je réponds la même chose… grosso modo !

 

Car à cette question, que je me suis longtemps posée (et qu’il m’arrive encore de me poser), j’ai fini par trouver une réponse : « il n’existe pas de mauvais choix, sinon celui de ne rien tenter de peur de faire le mauvais choix (et encore…). Il n’y a que des expériences. » J’entends bien, que, rationnellement, il en existe : quand vous voyez une friteuse allumée, plonger l’auriculaire dedans pour vérifier la température peut effectivement s’avérer un mauvais choix (c’est une histoire vraie qu’on m’a racontée il y a très longtemps… la personne était épuisée et n’avait pas réfléchi). Mais ! (Ah ! Ben… je suis peut-être bien française en fin de compte 🤪) cette expérience lui aura appris à éviter l’option friture quand elle est fatiguée 😇.

Cependant, lorsqu’il est question d’angoisses, rien n’est rationnel !

 

Chaque fois que j’ai reçu ce genre de réponses, je suis restée clouée sur place… il est même arrivé qu’on se moque de moi, parce que mes inquiétudes se lisaient sur mon visage. De là, a crû un énorme manque de confiance en moi et une certitude d’être nulle, puisque j’étais effrayée quand tous les autres avançaient gaiement.

 

Depuis, j’ai rencontré des personnes essentielles à mon épanouissement. Des personnes qui ne se sont pas contenté de m’annoncer les choses comme une vérité absolue, mais qui ont d’abord pris le temps d’entendre mes craintes et de partager leurs expériences avec moi. Ces personnes, que j’ai remerciées, et remercie encore, ne se doutent pas (enfin… je crois) à quel point leur concours m’a été salutaire.

 

Aussi, riche de ces expériences, j’ai réalisé trois choses :

La première : un.e anxieu.x.se a besoin d’explications, d’exemples, d’arguments auxquels se rattacher et non juste des phrases toutes faites (quoique ! accompagnées d’arguments pertinents, ces « phrases toutes faites » peuvent devenir des références ultérieures). Donc si je veux aider, je me dois de partager, au maximum, mes expériences. Parce qu’un.e anxieu.x.se, ça aime s’assurer que des anxieu.x.ses (les autres ça compte pour du beurre parce qu’ « il faut avoir confiance en soi dans la vie ») ont fait le choix de se lancer et qu’i.e.ls ont réussi malgré leurs blocages (et surtout savoir comment i.e.ls y sont parvenus).

La deuxième : les personnes qui vous démotivent dans vos projets n’ont pas forcément de mauvaises intentions. Ce sont très souvent des personnes que vos ambitions effraient et qui essaient de se rassurer elles-mêmes. Ce peut être très destructeur pour un.e anxieu.x.se… et comme ce sont d’autres anxieu.x.ses qui ont ce réflexe, la relation peut très vite dégénérer.

Enfin : parmi les gens qui m’ont expliqué qu’ « il fallait avoir confiance », qu’ « ils ne savaient pas s’ils avaient fait le bon choix, mais qu’ils s’étaient lancés quand même », et tout et tout, beaucoup sont en général des anxieux (de moindre mesure je pense 🤔) qui ne veulent pas étaler leurs doutes. Donc ils passent à un autre sujet. « Pas vu, pas pris 😜. »

 

Tout ça pour dire que si toutes les expériences que j’ai vécues m’ont appris des choses, toutes m’ont enseigné que l’indulgence permet souvent de découvrir ce qu’autrui cache dans son cœur tout comme elle révèle ce que nous cachons nous-mêmes dans le nôtre.

C’est pourquoi j’ai décidé d’être indulgente… mais ça, c’est un autre thème.

 

Bonne semaine et bonne.s lecture.s (écoute.s) 🙂.

2 Responses
  1. Bretzel

    Merci beaucoup pour ce partage ! Très rassurant pour une angoissée et effectivement j’ai cette impression de faire un bond en avant dans mon développement personnel quand un/une angoissé/e utilise ses expériences pour me rassurer sur mon propre parcours, puisque tout de suite ça me permet de visualiser et de me sentir comprise. Donc je fais tout de suite confiance à cette proposition. C’est très utile car je peux ensuite relativiser et rester à peu près calme face aux expériences que je vais vivre en me disant par exemple : « souviens-toi, elle a dit que c’est normal et que je peux avancer à mon rythme et me tromper ». La vie est toujours plus agréable quand on se sent compris et soutenu, alors je vote pour un monde d’entraide et d’indulgence ! 😀 Ravie d’avoir lu cet article 😉

    1. Bonjour Bretzel 😊,
      Ce surnom m’amuse beaucoup. Les bretzels sont les dernières gourmandises auxquelles je n’arrive pas à dire non, malgré mon intolérance au gluten et au lactose.
      Je me suis prise au jeu des écris introspectifs. J’en laisserai donc régulièrement sur mon site. Tu pourras les lire quand tu voudras. J’espère qu’ils te permettront d’avancer dans ta propre introspection.

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