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— Pas un seul survivant, une vraie boucherie. J’sais pas qui en voulait à Lamentice, mais il a réussi son coup, remarque un des policiers venus au départ pour aider leurs collègues, mais qui ne peut plus que constater les faits.

— Moi ce que je vois, c’est que si nous n’avions pas été prévenus, tes collègues se seraient retrouvés au milieu de tout ça, rétorque le commissaire.

— Il faut croire qu’on a une bonne étoile qui veille sur nous.

— Je ne crois pas en la chance.

Le commissaire Sotrane est arrivé sur les lieux un quart d’heure après le départ de Gabrielle et Dorian.

— Vous pensez que c’est l’auteur de l’appel anonyme qui est à l’origine de tout ça ?

— Une voix d’homme ou de femme ?

— D’homme. Il a donné ni numéro, ni nom et son appel était trop court pour qu’on puisse le localiser.

— Je n’en sais rien, répond Olivier songeur.

— Commissaire ! hèle un de ses lieutenants qui arrive en courant, un sourire ravi aux lèvres. J’ai une bonne nouvelle.

— Comment peux-tu te réjouir au milieu de tous ces cadavres ? s’indigne Olivier lorsque l’officier les rejoint essoufflé par son sprint.

— On a une caméra et cette gentille petite filmait encore à notre arrivée.

— Il faisait nuit, les caméras de surveillance ont une qualité médiocre, tu penses vraiment qu’elle nous aidera ?

— Une caméra de surveillance ? Ici ?

Le policier éclate de rire, pour très vite reprendre son sérieux en voyant le visage réprobateur de son supérieur.

» En fait, Lamentice voulait filmer ses exploits et avait caché une caméra que nos tueurs n’ont pas vue, puisqu’elle tournait encore il y a deux minutes.

— Je veux voir le film.

— On verra mieux au bercail où on a la télé.

 

*

 

Cinq heures du matin, Abigaëlle se réveille d’une nuit agitée. Elle a encore fait le même cauchemar. Elle a encore vu sa maman mourir devant ses yeux, sans qu’elle n’y puisse rien faire. Si seulement elle avait été aussi entraînée qu’aujourd’hui, elle aurait peut-être pu éviter cette catastrophe.

Avant même qu’elle n’ait le temps d’allumer la lumière, l’ampoule derrière le grillage inonde la cabane de rouge. Abigaëlle a de la visite. Un an et trois mois maintenant qu’elle vit avec Dorian, elle n’a plus à se cacher lorsqu’un danger approche, elle se doit de l’attendre et de contrattaquer. Elle entend des pas s’approcher du mur, côté lit. Elle se précipite dans une discrétion absolue vers la porte qu’elle ouvre avant de sortir.

Si son ennemi s’approche si près, c’est qu’il a une arme de poing. Elle sait aujourd’hui que les tueurs n’ont rien contre elle, donc ils préfèreront s’assurer que Dorian est là avant de se priver d’un appât potentiel.

— Le maître des lieux s’est absenté. Mais je peux peut-être vous aider ?

L’homme, en entendant la voix de la fillette, retourne son arme contre elle. Surprise, Abigaëlle court se cacher derrière la réserve de bûches en bois que Dorian vend à ses heures perdues.

Dorian a toujours été strict.

« Ne te cache jamais dans la maison si tu peux aller ailleurs, parce qu’une fois enfermée dans un lieu clos, tu es perdue… sauf si tu fuis par le tunnel, mais je ne t’ai pas appris à fuir, alors va à la confrontation ! »

Abigaëlle, n’ayant pas pris son revolver en sortant, soulève la fausse bûche dissimulée derrière les vraies, pour prendre le fusil à pompe que Dorian y planque. Elle pose le canon de son arme sur le haut de la pile pour viser son agresseur, mais elle ne le voit déjà plus. Elle sent alors une lame commencer à sectionner son mollet gauche. Par réflexe, elle se retourne et frappe, de toutes ses forces, le visage du responsable, avec son canon. A ce moment, elle constate que son entraînement a plus que porté ses fruits, car l’homme, sous le choc, s’est vu propulsé à terre.

Mais de toute évidence, elle a sous-estimé son adversaire et s’est trompée aussi sur l’identité de sa cible, car l’inconnu est venu pour elle.

« Je t’avais déjà prévu une surprise pour demain, donc, tu auras de quoi t’entraîner. »

Une fraction de seconde, Abigaëlle jette un coup d’œil à son mollet. Rien de grave. Un bandage et dans quelques jours, il n’y paraîtra plus. Elle lève son canon en direction de son assaillant, mais alors qu’elle s’apprête à tirer, le tueur le frappe, pour dévier la trajectoire de son projectile et en profite pour se relever. A un pas l’un de l’autre, son fusil est trop encombrant. Elle décide donc de le lancer sur son adversaire pour le déstabiliser et utiliser la dague qu’elle garde toujours sur elle.

L’homme sourit en attrapant l’arme et en la retournant contre elle. Mais déjà, Abigaëlle plie les genoux aussi vite qu’elle le peut et se jette sur le ventre de sa cible, sa lame en avant. Avant qu’il ait le temps de réagir, le poignard s’est enfoncé dans l’estomac de l’inconnu et la fillette force pour le remonter au niveau de son cœur. L’homme hurle d’abord en laissant tomber son arme puis, une fois son organe tranché, chute sur le sol, humide de la rosée matinale.

Après avoir repris sa respiration, Abigaëlle attrape les bras de sa victime. Il est lourd, trop lourd pour qu’elle arrive à le porter seule très loin. Elle tire donc difficilement le corps jusqu’au coffre de chaux vive, où Dorian abandonne ses morts lorsqu’il n’a pas le temps de les enterrer.

 Mon maître sera assez fier de moi à son retour pour m’aider à me débarrasser de vous. D’ici là, vous attendrez ici, explique-t-elle à la dépouille en refermant le couvercle.

 

*

 

Après une nuit exténuante à compter et identifier les cadavres, les policiers ont passé la journée de vendredi à visionner le film du massacre avec leur commissaire. Olivier et deux de ses agents sont encore installés dans son bureau, Olivier sur son fauteuil, ses subordonnés sur des chaises de l’autre côté de la table.

— A première vue, ils sont deux et ce sont des pro. Impossible de voir leurs visages. Ça ressemble même à une opération commando, sûrement des mercenaires.

— Une opération commando ? J’appellerais plutôt ça une opération suicide.

Le commissaire fait un signe de tête en direction de l’écran.

» Leurs gilets pare-balle viennent de chez nous.

— Oui, ils nous les ont sûrement volés. Aucune mission comme celle-ci n’était programmée.

— Ça je le sais, merci ! le rabroue Olivier avant de lever la main en direction du téléviseur en voyant le tueur à la camionnette sortir. Là ! Il est touché.

— On fait le tour des hôpitaux ?

— Faites le toujours, mais je ne pense pas qu’ils y mettront les pieds. Trop risqué. Essayez les médecins en cabinet, les vétos, les dispensaires… bref la routine. Et pendant ces prochains jours, faites aussi le tour des morgues.

— Ok.

Le passage où Baptiste se lève au milieu des dépouilles repasse une énième fois devant leurs yeux et le commissaire tape du poing sur la table.

— Quand je pense que si cet idiot n’avait pas bronché, on aurait un témoin… Pourquoi a-t-il fallu qu’il se montre ? Le conducteur ne l’avait pas vu !

— C’était un gamin, commissaire. Il n’avait même pas dix-huit ans. Il n’avait pas assez d’expérience.

— Je sais bien… Mais…

— Quand même… Ils sont tarés, remarque un des deux agents, en essayant de calmer le commissaire.

— Ils sont peut-être tarés, mais ils ont sauvés les miches des copains, répond son équipier.

— Je sais. Mais je sais aussi que je ne suis franchement pas sûr d’en avoir assez dans le caleçon pour faire la même chose si j’étais confronté à la même situation un jour.

— Alors espérons pour moi que ça n’arrive jamais.

Vexé, l’agent se tourne vers son commissaire et change de sujet de conversation.

— Maintenant que Lamentice s’est fait liquider et que nos recherches sur la lycéenne ont fait chou blanc, on fait quoi ?

— On étouffe ce qui s’est passé avec Lamentice et je m’occupe de la gamine. J’ai quelques doutes sur la souris que j’aimerais éclaircir.

Olivier a fixé l’écran tout en répondant.

— Vous allez chez elle aujourd’hui ? A quoi ça sert ? On ne peut pas dire que vous ayez réussi à instaurer un climat de confiance suffisant entre vous pour qu’elle réponde aux questions que vous vous posez… Si tant est qu’elle les connaisse ces réponses.

— Je sais, mais qui ne tente rien n’a rien. Et comme j’ai appelé le lycée qui m’a dit qu’elle ne s’y est pas rendue aujourd’hui, ça me donne une bonne excuse pour lui rendre visite et tenter ma chance.

Olivier sort du commissariat où il a passé tellement de temps à regarder la vidéo de la fin de Lamentice, que chaque seconde est imprimée dans sa mémoire. Bien que le meurtre de sang-froid d’un gamin de l’âge de Baptiste le révulse et qu’il voudrait que Gabrielle soit étrangère à tout ça, il est sûr qu’il s’agit bien d’elle et de Dorian. Il est également certain qu’aucun ne l’avouera et qu’il n’a pas assez de preuves pour les confondre.

 

*

 

— Hey Kitten.

— Où on est ?

— Dans ta chambre, je t’ai mise dans ton lit. J’ai extrait la balle, désinfecté et refermé la plaie. Je me suis même occupé de tes petits bobos. Je t’ai aussi transfusé de mon sang, tu en avais besoin. Heureusement que je suis donneur universel.

Gabrielle se réveille avec difficulté. Elle a l’esprit dans le vague. Ses membres sont lourds. Elle est faible, il est très probable que son corps l’oblige à s’endormir à nouveau pour reprendre des forces. Elle connaît cet état de faiblesse où la fièvre finit même très souvent par la faire délirer.

— Je le suis aussi, je te signale. J’ai dormi longtemps ?

— Toute la nuit et une bonne partie de la journée.

» Tu sais, la prochaine fois que tu veux passer la Saint Valentin avec moi, appelle-moi juste pour une partie de jambe en l’air et je te jure de bien m’occuper de toi, sans avoir besoin de passer par la case blessure mortelle.

— Très drôle !

— Bah ! L’important maintenant, c’est que tu te reposes. Une bonne semaine de vacances te fera le plus grand bien.

— Je ne peux pas, j’ai à faire mardi.

— Tu plaisantes ? Annule ton contrat.

— Je n’ai pas de contrat, j’ai juste assez d’informations maintenant pour en finir avec l’affaire Délardois.

— Et si tu l’oubliais ? Tu n’imagines pas ce que tu risques à déterrer cette histoire. Je t’assure que…

— Non ! souffle Gabrielle, pour couper la parole à Dorian. Tu m’as retenue bien assez longtemps, je trouve. Il est l’heure de réparer les erreurs du passé. Désolée si ça te contrarie.

Gabrielle a un regard noir et déterminé. Dorian le connaît bien. C’est celui qu’elle affiche chaque fois qu’elle va voler sa vie à quelqu’un. Celui caractéristique d’une personne que rien ne fera changer d’avis.

— Fais comme tu veux, je te donnais juste mon avis. Tu es grande après tout ! Mais ne compte pas sur moi pour t’aider, répond Dorian en réfléchissant à un moyen rapide d’éloigner temporairement sa dernière recrue de ses terres, pour la protéger d’elle.

La sonnette de la maison se fait entendre. Dorian tourne la tête vers la porte.

» Tu attends de la visite ?

Dorian redresse le torse, droit comme un piquet, il regarde en direction de l’entrée de la chambre et attrape le 357 magnum, qu’il cache toujours derrière son dos. Gabrielle, dont les yeux luttent pour rester ouverts tourne légèrement la tête dans la même direction.

— Je sais même pas l’heure qu’il est.

— Dis-moi… Il avait des amis ton Lamentice ?

— Oui, bien sûr ! Des amis qui sonnent pour prévenir de leur arrivée quand ils veulent supprimer un professionnel.

Gabrielle tourne la tête pour voir l’heure qu’affiche son réveil.

» Il est dix-sept heures passées, c’est peut-être Claude… Enfin Olivier.

— Si c’est lui, j’le descends.

— Pour qu’on pense que c’est moi qui l’ai fait ? L’école a simplement dû le prévenir que j’ai été absente aujourd’hui. Comme il est toujours sous couverture, il se doit de venir.

La lumière au-dessus de la fenêtre s’allume et Dorian reçoit un message sur son téléphone, le prévenant que quelqu’un entre chez sa protégée.

— Shit ! I forgot to lock the door ![37] s’exclame-t-il avant de se lever et de rejoindre l’escalier.

— Lamentice n’avait aucun allié. Au contraire, il n’était aimé de personne. Sa mort arrange pas mal de monde. Alors avant qu’on nous soupçonne nous…

— J’espère.

Dorian enlève la sécurité de son arme et commence à descendre les escaliers quand il aperçoit Olivier appelant Gabrielle. Il réenclenche son cran puis range son revolver.

— On peut savoir ce que tu fais ici ? demande une voix grave à l’accent anglais.

Olivier sursaute en entendant la voix masculine venir du haut de l’escalier. L’homme ne se présente pas. Olivier n’en a pas besoin pour savoir qu’il a Dorian devant les yeux. L’espace d’une minute, il s’attend à se voir mis en joue. Mais Dorian, bien que mécontent de le voir, ne semble pas hostile… pour l’instant.

— Je viens voir Gabrielle, elle était absente aujourd’hui…

— Elle est malade. Je m’occupe d’elle, tu peux rentrer chez toi.

— Je peux la voir ? demande Olivier, désireux de confirmer ses soupçons sur l’adolescente en constatant son état physique de visu.

Car il est évident que l’homme que j’ai devant les yeux ne peut pas être la personne touchée de la vidéo. Il est pâle, certes… mais à côté de ça, il est en forme.

— Non. Maintenant, rentre chez toi.

Dorian a le teint cireux, mais reste attentif au moindre geste de son visiteur.

— Je veux la voir ! insiste le policier en durcissant le ton. Elle a été absente aujourd’hui et je dois vérifier qu’elle ne simule pas.

Tu étais dans les environs, les deux fois où Gabrielle a été mal en point depuis que je la connais. Alors il est hors de question que je parte sans vérifier ce que tu lui fais ! s’encourage Olivier.

Les deux protagonistes se fusillent du regard et une envie profonde de sortir leur arme respective de leur cachette torture chacun d’eux. Puis Dorian tend l’oreille pour écouter derrière lui. Olivier suppose que c’est Gabrielle qui lui parle, mais aucun son ne parvient jusqu’à ses oreilles.

— Très bien. Passe devant, mais ne l’ennuie pas, elle est faible.

— Je ne serai pas long.

Olivier monte, suivi de près par Dorian qui n’a qu’une envie :

Loger une balle dans le crâne de l’enfoiré qui a failli faire tuer ma protégée.

Lorsqu’il entre, le commissaire ne peut s’empêcher de constater que la chambre, comme toujours, est impeccablement bien rangée.

— Salut Gabrielle.

L’adolescente tourne des yeux ternis par la fatigue à la rencontre de son invité. Le teint cadavérique de son visage fait davantage ressortir l’état apathique de la malade. Sa couverture montée jusque sous ses bras, elle porte un pyjama à manches longues qui doit tenir chaud. Olivier ne voit que son visage et ses mains, mais ceux-ci sont suffisants pour confirmer ses doutes.

Il serait toutefois fou de ma part d’essayer de soulever ses manches pour la mettre au pied du mur, songe le policier. Dorian a l’air plus hardi et plus belliqueux qu’un chien de combat enragé.

— Claude ? Je n’ai pas d’arrêt médical cette fois non plus, mais vous remarquerez que je suis bien clouée au lit.

— Effectivement. J’en ferai état dans mon rapport. Mais, tu sais, si tu es si souvent malade, je pense qu’il serait préférable de te faire suivre, ce n’est pas normal.

Le commissaire parle sur un ton chaleureux qui fait naître un sourire reconnaissant sur le visage de l’adolescente. Dorian, lui, attend sur le pas de la porte impatient, sans quitter l’intrus des yeux.

Pathétique ! s’écœure-t-il en les voyant faire.

Olivier s’approche du lit puis, caressant le visage de la jeune fille, il sourit.

— Est-ce que ça va ?

— Oui, on s’occupe bien de moi.

Gabrielle est sincère. Depuis qu’elle a fait ses preuves, Dorian la chouchoute lorsqu’elle se blesse sérieusement. Déjà petite, elle avait droit à un traitement de faveur le temps de se remettre. Aujourd’hui, elle se joue presque du comportement protecteur de Dorian, profitant de ces furtifs moments pour avoir un semblant de douceur de sa part.

— Lamentice et ton camarade de classe, Baptiste Véquenos, sont morts. Comme tu les connaissais, je me suis dit que tu voudrais peut-être le savoir.

— C’est vrai ? ment-elle, feignant incroyablement bien la surprise.

— C’était aux informations ce matin, une opération commando de la police. Un vrai massacre.

Dorian crache un ricanement narquois avant de marmonner un « And they sucked my bowls, after ?[38] », qui pousse Olivier à lever les yeux sur lui (alors que Gabrielle n’y prête pas attention), ayant parfaitement compris l’insulte.

— Merci de me tenir au courant, intervient l’adolescente pour tempérer.

Olivier se reconcentre sur l’adolescente.

— De rien. J’ai aussi une autre nouvelle à t’annoncer. Je suis muté et tu vas avoir affaire à une collègue prochainement. Je vais rendre mon rapport à ton proviseur lundi après-midi, pour lui faire part de mes premières conclusions.

— Vous partez ? Pourquoi ?

— Je suis un fonctionnaire, si on me mute, je dois partir.

— Et on vous mute du jour au lendemain ?

Olivier lui sourit sans lui répondre.

— Je vous laisse, si tout se passe bien pour toi.

— Tout se passe très bien pour moi, ne vous inquiétez pas. Bonne soirée Claude et au revoir.

— Bonne soirée et au revoir.

Olivier sort, toujours suivi de près par Dorian.

» Elle a l’air bien malade, prenez soin d’elle.

— Je prends soin d’elle depuis assez longtemps pour ne pas avoir besoin qu’on me dise ce que je dois faire, grogne Dorian en tenant la porte grande ouverte pour inviter fermement Olivier à décamper.

» Bye, arsehole ![39]

Le commissaire quitte la maison sans répondre et le tueur à gage ferme à clef derrière son passage. Puis il s’assure que le policier s’éloigne avant de remonter.

— Tu veux faire quoi avec lui ? Je peux m’en charger, si y’a qu’ça, propose Dorian dans l’embrasure de la porte, avant d’entrer et de s’asseoir à côté de sa protégée.

— T’es malade ? Je touche pas aux flics, si je peux éviter. C’est trop dangereux. Ils sont du genre rancunier. Je vais bientôt partir d’ici, de toute façon. Les lieux ne sont plus sûrs pour moi. Tu vas être content, Gabrielle Sartes va disparaître.

— Et t’es certaine qu’il n’a rien vu sous la couverture, au moins ?

— Je préfère prendre le risque. Il y a peu de chances qu’il me retrouve quand j’aurai mis les voiles. Il ne sera jamais aussi têtu que toi.

— Je te jure que si les flics rappliquent, je te laisse te débrouiller seule avec eux.

— Tu n’avais pas besoin de le préciser, je le savais déjà.

Gabrielle lui sourit, amène, et Dorian bougonne des mots inaudibles avant de se lever pour descendre dans le hall. Il s’installe derrière la fenêtre de l’entrée. S’ils devaient être victimes d’une attaque surprise, il serait au courant plus vite. Il a une blessée à protéger et malgré ses dires, il ne l’abandonnera pas.

Il ne l’abandonnera jamais.

Et Gabrielle s’endort, rassurée par la présence protectrice de Dorian.

 

 

[37] Merde ! J’ai oublié de fermer la porte !

[38] Et ils m’ont sucé les boules, après ?

[39] Bye, trouduc ?

 

 

 

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