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Junien part travailler plus tôt aujourd’hui, mais il part reposé et comblé. Sa femme l’aime, elle le lui a prouvé et ne lui demande rien d’autre qu’être son épouse.

Ne nous méprenons pas, Junien m’aime.

Il ne sait pas pourquoi et ne se le demande d’ailleurs pas. Il sait seulement que, si je veux rester avec lui, je devrai me plier à son bon vouloir, parce que m’aimer ne l’insistera jamais à changer pour moi.

Il se demande souvent à quoi ressemblerait sa vie, s’il n’avait pas eu à tirer son boulé avec lui. S’il n’avait pas été accro à cette rouquine futile, superficielle et quelconque. S’il ne l’avait désirée, s’il ne l’avait pas aimée. Sans doute sa vie aurait-elle été plus avantageuse. Quoique ; je ne l’empêche pas de vivre comme il l’entend.

Lorsqu’il arrive à son bureau, Mathilde, l’auteur du petit message, l’attend.

— Bonjour beau brun ! Comment allez-vous aujourd’hui ?

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Un mois plus tard, mes traces ont disparues. Je les ai cachées sous mon maquillage au début, mais elles se sont estompées avec le temps. Junien s’est montré idéalement doux depuis cette histoire. Il m’a même offert un repas aux chandelles la semaine dernière. Il n’est pas plus souvent là, mais il me laisse des mots plus romantiques encore qu’à la normale.

Ce matin, Junien a oublié son téléphone portable dans la cuisine. Pour la première fois de sa vie, il était en retard. Son mobile trônait sur la table lorsque je me suis levée. Mon agence d’intérim ne m’ayant pas rappelée depuis la fin de ma dernière mission, je me lève à huit heures et commence à préparer mon petit déjeuner. J’ouvre la porte du placard pour prendre mon bol ainsi qu’un verre et me retourne. J’aperçois alors l’appareil.

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Nous arrivons enfin dans notre maison. Et oui, je peux enfin l’appeler ainsi : notre maison. Je suis encore sous le joug de ces deux mois de voyage sensuel. Et la vision de notre demeure me fait prédire un avenir radieux avec mon amoureux.

Nous avons traversé la cours heureux de retrouver nos habitudes. Nous nous sommes arrêtés dans le garage, et sommes entrés par la porte de derrière. Celle qui donne sur le couloir. Après l’avoir fermée, et avoir fait trois pas, je tourne sur ma droite. Je mets les pieds dans le salon, qui, toujours aussi grand, fait, à lui tout seul, presque la moitié de la surface du rez-de-chaussée. En face de moi, ses deux grandes fenêtres font entrer la lumière du soleil qui tape dehors. Sur ma gauche, la bibliothèque trône, remplie d’une centaine de livres que Junien a déjà lus au moins deux fois. Sartre, Zola, Maupassant, Hugo, Platon et autres auteurs connus exposent leur grandeur dans de somptueux ouvrages. Les deux fauteuils amovibles, qui m’ont tant manqué, entourent toujours une grande télévision d’angle, noire, sur ma droite. Et le mur opposé expose encore ses poissons derrière la vitre de l’aquarium mural.

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