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J’assouvis enfin un désire qui me tenait à cœur. Je passe toute un après-midi avec mon amie. Nous parlons de choses et d’autres. Mélisse a cinq ans. Elise en parle avec une fierté de mère que je ne connaîtrais jamais.

Quand Elise me tend, avec engouement, les quelques clichés de sa fillette souriante, un sentiment de vide immense m’envahit mais je n’en souffle mot. Elise est heureuse. Elle aime sa vie, sa fille, son petit garçon qui a deux ans, son travail et son ami.

— Il s’appelle Michael.

Il est blond cendré. Lui aussi sourit avec enthousiasme sur les photos. Il est mignon. Comme je l’envie ! Elle a tout ce dont je rêvais enfant. Un mari doux et gentil, des enfants adorables, une place importante dans son travail. Même si parfois l’argent leur manque, ils sont heureux… tout le temps.

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Dans dix minutes, Elise, mon amie Elise, va arriver. Elle était d’une ponctualité à toutes épreuves cinq ans plus tôt. Je trépigne sur place en attendant que ces dix minutes s’écoulent. Si je l’avais pu… j’aurais fait passer le temps plus vite.

Mais il reste ces dix dernières minutes avant nos retrouvailles. Dix minutes qui ressemblent à des heures. Alors je brique ma maison pour la centième fois. Les meubles auraient bien fini par s’user sous mon chiffon, tant je m’applique à oublier le temps qui ne passe pas.

Cinq minutes maintenant. Je m’installe sur une chaise, face à la fenêtre de la cuisine, attendant de voir une voiture sûrement inconnue. En cinq ans, Elise a bien dû la changer.

Le portail est ouvert, je ne l’ai pas fermé après le départ de Junien.

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Cinq années. Cinq années se sont écoulées depuis la dernière fois que j’ai vu Elise. Elle me manque beaucoup. Souvent j’ai voulu appuyer sur la touche mémoire « Elise » de mon téléphone. Souvent j’ai tendu mon index vers cette touche. Mais je me suis ravisée à chaque fois.

Cinq années. Cinq années de pleurs de coups et d’humiliations que j’ai subies par amour. Mais Junien est au près de moi. Quand bien même ma meilleure amie ne m’a pas comprise, quand bien même mon époux n’est pas toujours le plus doux des hommes, je vis ma vie au près de Junien.

Il n’a pas changé depuis le premier jour. Il est toujours aussi beau, toujours aussi charmeur, mais toujours aussi violent. Sinon plus. Depuis quelques mois, rares sont les jours où il ne me bat pas. Il revient toujours en colère et se calme sur moi.

Cinq années. Cinq années où le silence a été mon mot d’ordre. Mais ce jour d’avril, alors que je rentre de mon travail, où j’ai un contrat à temps partiel à durée indéterminée, j’entends le téléphone sonner.

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