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Ce matin, je me réveille douloureusement sur la froideur des carreaux du salon, courbatue par les coups que m’a donnés Junien hier. Assis dans son fauteuil, il me regarde amoureusement me revigorer doucement. Il a une tasse fumante dans les mains et me sourit.

— Tu sais Ambre, je ne me soucie pas pour notre couple. Je suis patient, j’attendrai que tu comprennes ce que je voulais te dire hier…

— Chéri ! Elise ne fera jamais…

— Chut !

Junien me prend dans ses bras pour m’aider à me lever. Il est d’une galanterie à laquelle je ne sais résister. Je me laisse guider par les bras sûrs de mon mari. Aux matins qui suivent nos disputes, Junien est le plus adorable des hommes. Sa folie douce s’est évaporée et il redevient l’ange que j’adore.

» Ne dis rien. Ma chérie nous nous aimons trop pour nous séparer définitivement. Regarde, quand je vais voir ailleurs, je reviens toujours. Tu veux savoir pourquoi ?

Je regarde ses yeux briller de gentillesse. Il m’hypnotise toujours avec son regard douceâtre. Je le regarde aussi fragile qu’une enfant, aussi curieuse qu’une petite fille.

— Oui !

— Parce que nous sommes fait l’un pour l’autre. Nous sommes faits pour être ensemble. Toi et moi. Parce que tu m’aimes trop pour vivre sans moi. Et parce que je tiens trop à toi pour te laisser me quitter sans rien faire.

Il me lève, me prend dans ses bras et m’emmène me coucher dans notre lit.

— Tu vas attraper la mort si tu ne te couvres pas. Je vais appeler ton patron et mes employés. Aujourd’hui est à nous.

Je dors toute la matinée, allongée la tête sur l’épaule de Junien, qui me regarde dormir, apaisée. Je ne m’inquiète plus de rien. Junien me promet d’être toujours là pour moi et cela me suffit pour vivre heureuse.

 

*

 

Aux alentours de midi, l’exquise odeur d’une quiche lorraine chauffant dans le four de la cuisine me réveille. Junien n’est plus couché à côté de moi.

Je descends les escaliers et me poste à l’entrée de la salle.

— Chéri ?

Junien, devant l’évier se retourne. Il a les mains pleines de savon.

— Ça y est ? Tu es réveillée ?

— Mais qu’es-ce que tu fais ?

— Ben !… La seule chose que m’ait apprise ma mère dans sa cuisine a été la quiche lorraine. Mais je ne sais pas si elle est bonne.

Il me regarde avec un air malicieux, comme un petit garçon enorgueilli d’avoir réussi un défit. Je lui souris avec douceur. C’est la première fois qu’il parle de son passé. Mis à part sa fière victoire sur son frère, Junien ne parle guère de sa famille ou de ses souvenirs d’enfance. Et je n’ai jamais rencontré aucun membre de sa famille.

— Je suis impatiente d’y goûter, alors.

Junien qui était retourné à sa besogne, se retourne à nouveau, les mains encore dégoulinantes. Il me regarde taquin.

— Es-tu si impatiente que ça ? Parce qu’il reste encore dix minutes de cuisson, que le four est programmé, qu’il faut bien que ça refroidisse un peu avant d’être mangé et…

Je comprends très vite ce qu’il veut dire et lui souris amusée. Junien s’essuie les mains. Je ne bouge pas. Junien s’approche de moi, m’enlace amoureusement et me donne un baisée tendre mais imposant.

— J’ai envie de toi, Ambre.

Il me prend dans ces bras et me porte dans notre chambre à coucher. Notre rixe d’hier soir s’éloigne peu à peu pour se ranger dans mes souvenirs douloureux. Et pendant ce temps, notre repas se prépare dans notre cuisine.

 

*

 

Le lendemain, je rentre du travail à seize heures. J’ai retrouvé tous les plaisirs de la vie avec Junien. Je lui suis chaque jour un peu plus attachée. Je me soumets chaque jour un peu plus. Je ne comprends pas les craintes de mon époux. Elise ne peut pas nous séparer. Par quel moyen pourrait-elle me faire décider de quitter Junien à qui j’appartiens corps et âme ?

On frappe à la porte à seize heures trente. C’est Elise.

— Ambre !

— Elise ? Qu’est-ce que tu fais là ?

— Voilà ! Tu te souviens quand je t’ai dit que tu étais souvent seule en rentrant du travail ?

— Oui.

— Et bien je te propose de venir avec moi.

— Où ça ?

— En fait, c’est à une maison pour tous, pas très loin d’ici. Les gens qui ne savent pas quoi faire en attendant leurs conjoints peuvent aller là-bas et rencontrer des personnes qui sont comme eux.

— Mais je sais très bien quoi faire en attendant Junien.

— Oui, mais tu pourrais te dépayser un peu.

— Il faut que j’en parle avec lui avant de prendre une décision.

— Peut-être, mais viens aujourd’hui, histoire de te faire une idée de ce que c’est.

— Je ne sais pas si Junien le prendra bien. Il n’aime pas trop quand je sors sans le prévenir, tu sais.

— Ecris-lui un mot au cas où il rentrerait avant toi. Allez Ambre, viens ! Ça te lavera un peu la tête. Ils sont sympas là-bas. Et puis, en plus, on fait des ateliers d’arts plastiques.

— D’arts plastiques ? Come les enfants de maternelle ?

— Non Ambre, je te jure qu’on s’y amuse bien. Et comme ça le temps sans Junien te paraîtra moins long.

Elise me regarde avec le même air espiègle que je connais de Junien. Comme je les déteste à certains moments de pouvoir me faire faire ce qu’ils veulent de moi ! Mais au moins je suis rassurée. S’ils font ça, c’est qu’ils m’aiment pour ce que je suis.

— D’accord, je viens. Mais laisse moi écrire un mot à Junien.

— Je t’attends dans ma voiture.

Et nous nous en allons ensemble. Je vais découvrir un nouvel horizon. Elise est heureuse. Elle retrouve sa meilleure amie.

 

 

 

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