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18 Ce chapitre contient des passages explicites. Il est déconseillé à un public non averti.

Blessure peut très bien être lu et compris sans la lecture de ce chapitre.

 

 

 

Je me couche exténuée, ce soir, mais me souviens parfaitement de la réaction qu’a eue Junien. Je me souviens aussi m’être soumise à ses désirs à seize ans, comme à vingt-deux ans. Alors rien d’étonnant à ce que je recommence le jour de notre mariage. Mon époux aime dominer et je ne m’effarouche pas à l’idée de supporter ses caprices au nom de notre amour.

Je me suis allongée la première sur le lit. Je porte un déshabillé en voile blanc, ouvert de part et d’autre de mon corps. Je ne porte rien de plus. Je frissonne de froid en attendant que Junien daigne me rejoindre. D’ailleurs, au bout d’un quart d’heure, Junien n’est toujours pas arrivé. Il prend un plaisir sadique à me faire languir… seule. Mais je sais que lui-même se torture depuis trop longtemps pour me laisser désespérer sa venue le temps qu’il avait prévu au départ.

La lumière tamisée ne permet qu’un champ de vision très restreint, ne laissant place ainsi qu’à l’imagination et à l’expression tactile. Je commence à m’endormir hébétée par l’alcool que j’ai sûrement trop apprécié au repas, quand j’entrevois une lumière plus puissante danser sur mes yeux. C’est lui, il me rejoint enfin ! Il vient réchauffer notre lit, ma solitude et mon envie.

Le crissement des vêtements qu’il enlève met tous mes sens en alerte. Cette attente m’a épuisée plus encore que l’alcool, plus encore que la journée éreintante que j’ai passée à me marier. Puis un silence, un long silence. J’entends sa respiration, je sens ses pas étouffés se rapprocher de moi. Un frisson parcourt mes reins pour se faufiler jusqu'à la racine de mes cheveux. Il est là, tout près. Je suis enfin entièrement sienne.

Un doigt se pose sur ma cheville tétanisée par l'excitation. Je respire de plus en plus vite, de plus en plus fort, je le désire, je veux son corps contre le mien, son sexe en moi.

Il monte lentement sur le lit, laissant mon désir s’attiser. Il a une emprise totale sur moi, mais à mon grand étonnement, ce soir, il n’en a cure. Je suis là près de lui, il me respire, il me goûte, il m’aime. Sa main monte sur mon mollet, tendrement, délicatement. Il s’amuse à me deviner du bout des doigts.

Lorsqu’il atteint ma cuisse, je retiens cette envie de le prendre dans mes bras, qui gâcherait tout. Car un seul faux pas de ma part et il ne me fera plus rien. Il me laissera et ira se soulager entre les bras d’une autre, histoire que cette expérience me serve de leçon. Alors, je le laisse agir et attends, avec peine, qu’il me permette de bouger.

Sa main, puissante, remonte jusqu'à mes hanches, redescend jusqu’à mon genou du bout de ses doigts. D’un accord silencieux, nous savons tous deux où est notre place et y restons. Junien joue maintenant avec le vêtement qui lui fait rempart. Je ferme les yeux, j’ai de plus en plus de mal à me contrôler. Il me fait languir, il y prend plaisir. Il écoute ma respiration excitée qui glapit des petits hoquets que je ne peux pas toujours taire.

Il n’utilisait, jusque là, que sa main gauche qu’il a fini par diriger vers l’intérieur de mes jambes. Sa main droite vient, maintenant, effleurer mon genou droit. Il est assis à côté de moi et de ses yeux habitués à la semi obscurité, il peut voir mon corps se tordre de plaisir sous ses mains expertes.

Il pose très vite sa main droite à côté de mon épaule. Laissant sa main gauche remonter délicatement sur ma poitrine. Mon déshabillé toujours sur moi, il joue avec le voile. Il passe sa main sous mon décolleté, puis saisit mon sein droit avec douceur, il est chaud et il enfle. Junien sourit. Il se penche vers mes lèvres alors que je baigne entre extase et béatitude. Il m’embrasse avec passion et je lui rends son baiser.

Mon attente et mon obéissance sont récompensées. Il desserre (enfin !) la fine ceinture qui tient mon habit sur moi. Je me retrouve alors nue. Nue, dans les bras de Junien.

Ses lèvres prennent vite la place de sa main. Il m’embrasse dans le cou, mordille ma peau avec douceur. Il aspire mes tétons comme un bébé affamé. Il en couvre un de baisers, de coups de langue, de coups de dents. Puis il s’abandonne sur l’autre. Il se délecte de mon ventre, du goût de ma peau, de mon parfum. Il sent son sexe enfler entre ses jambes. Et je finis par avoir raison de lui.

Je gémis de plus en plus souvent, de plus en plus fort, de plus en plus insatiable de ses caresses. Mes lèvres (vulvaires cette fois) s’humidifient avec les secondes, je le veux en moi. Je n’attends plus que ça. Mais ce corps musclé, cette bouche vigoureuse, ces mains expérimentées ne céderont que lorsqu’il l’aura décidé. Et je dois me contenter de cet état de transe dans lequel il me met. Je dois me contenter de me noyer entre extase et frustration, jusqu’à ce que lui, et seulement lui, décide de mettre fin à mon tourment.

Sa langue se promène maintenant sur mes cuisses, mes adducteurs. Il veut me faire jouir avant de me pénétrer. Et il y parvient ! Je ne suis qu’esclave entre ses mains, je ne vois plus rien, je ne sens que cette langue parcourir mon corps avec virtuosité.

Puis il lève la tête. Remonte vers mon oreille. Pose sa bouche vers mon lobe.

— Es-tu encore vierge ?

Il me pose une question dont il connaît déjà la réponse, mais m’étant abandonnée sous ses caresses je ne réagis que pour lui souffler un oui lancinent.

— Alors je risque de te faire un peu mal. Mais n’ais crainte, c’est normal.

Il place sa jambe gauche entre les miennes, puis les ayant assez écartées, rajoute sa jambe droite. Je suis en délectation, je plane entre la réalité et le rêve.

Je sens son membre, gonflé et dur entrer en moi dans une douleur qui ne réussit, toutefois, pas à me faire sortir de mon plaisir. Puis son va et vient me rend euphorique et je l’accompagne de coups de reins passionnés à la vitesse qu’il attend de moi. Je le sens venir, sortir, caresser mon corps de l’intérieur, gonfler en moi. La passion et la joie me font entrer dans une jouissance jubilatoire.

Junien perd, à son tour, peu à peu le contrôle, il prend un plaisir qu’il n’avait encore jamais ressenti avec aucune autre femme. Il en a connu pourtant, mais je lui fais, tout de même, perdre ses moyens. Ce soir, il s’épanche comme jamais encore, entrant dans une extase presque surnaturelle. Lorsqu’il finit par venir, il connaît alors une fatigue harassante, mêlée à une joie et une allégresse intenses.

Il m’a aimée comme personne n’aurait jamais su m’aimer. Toute la nuit, je rêverai de ce corps puissant et fort qui m’a fait perdre ma lucidité, pour la première fois.

 

*

 

Ce matin, je me réveille épanouie. Junien dort encore. Il est couché sur le côté droit, et me tient entre ses puissants bras. Je me colle contre lui pour profiter de ce corps endormi. Je caresse son torse, jouant avec ses tétons. Je profite de son sommeil pour laisser libre cours à mon imagination, à mes désirs.

Je passe ma main droite sur ses muscles. Il ne fait pas aussi musclé lorsqu’il est habillé. Je l’en aime davantage. Il est parfait. Il est tout pour moi, ma raison, ma passion, ma folie. Il peut tout faire, même m’interdire d’avoir des enfants, je m’en moque à présent… tant qu’il veut vivre avec moi, tant qu’il me permet de me réveiller chaque matin à ses côtés, tant qu’il m’autorisera à effleurer cette peau si suave, si chaude, si souple. Tant qu’il me donnera le droit de m’enivrer de son parfum.

La douceur de ma main sur son torse le réveille. Il m’a sentie me rapprocher de lui mais n’a pas bougé, gardant ses yeux fermés. Son appétit a augmenté depuis hier. Il me veut encore, mais me laisse approcher. En bon chasseur, il laisse à sa cible le loisir de jouer de ses charmes avant de s’en repaître.

J’embrasse ce corps endormi, cette peau blanche et laiteuse. Je le veux aussi ardent que la nuit dernière. Je joue avec lui, je veux qu’il se réveille et qu’il me fasse l’amour, encore... mais il ne me donne pas ce plaisir.

Pas aussi facilement !

Il s’amuse de son jeu. Se laissant allumer comme une allumette de cheminée qui attise un feu plus grand. Il se laisse guider par mes lèvres hésitantes et mes doigts frêles. Je dois mériter qu’il sorte de son sommeil pour moi, je dois faire monter un désir déjà bien présent en lui. Il ne veut en aucun cas céder à mes désirs, c’est mon rôle à moi et nous le savons aussi bien lui que moi.

Pourtant je me languis de sa fougue.

Ma main plonge vers le bas de son corps pour atteindre un point sensible que je frôle du bout des doigts. Je découvre le corps des hommes à travers le sien. Son sexe me fait peur autant qu’il m’attire. Mais mon envie était trop grande. Je masse son extrémité méticuleusement. Avec beaucoup de douceur. Je finis par embrasser les lèvres de ce bel endormi, que je désire tant, tout en m’appliquant à ne pas amoindrir les effets de mon massage matinal.

Le désir commence à le tenir. Lorsque je pose ma bouche contre la sienne, Junien ouvre les yeux et lit une passion intense sur le doux visage de sa femme. Il agrippe ma main et ma tête. Je sursaute mais me laisse faire. Il me plaque sur le lit avec force. Je le regarde avec un sourire satisfait maintenant. Il est au dessus de moi, respirant l’envie de mon corps.

Il m’embrasse avec passion, avalant presque ma langue. Puis il lève sa tête au dessus de la mienne. Sa main tient mon poignet droit au niveau de mon visage. Il me sourit.

— Ne bouge pas, je reviens.

Puis il se lève, enfile son pantalon et sort de la chambre. Me laissant dans ma torpeur.

Deux minutes après son départ, on frappe à la porte. Je passe ma robe de chambre et vais ouvrir. C’est le groom.

— Petit-déjeuner pour madame. Monsieur a dit qu’il allait revenir, il doit donner des ordres. Une collègue doit venir changer vos draps madame, il serait aimable de votre part de ne pas manger sur le lit parce qu’elle va les changer pendant que vous prendrez votre repas.

Le jeune homme a presque crié et s’est mis au garde à vous pour prononcer ces quelques mots. J’ai failli éclater de rire mais le sérieux du jeune garçon m’en a dissuadée. Il est jeune, il doit à peine avoir seize ans. Mais il est très méticuleux dans son travail. Il a le port fier, le regard franc et ne laisse pas paraître sa timidité. Il en devient presque un homme à mes yeux. Un homme de seize ans.

— Et Junien, il ne mange pas ?

— Il mange en bas, madame. Il a dit qu’il ne voulait pas être en haut quand la femme de chambre arriverait, mais que vous, vous ne vouliez pas sortir.

Je regarde le jeune homme, un peu déconcertée. Je n’ai jamais émis d’objection à sortir. Je suppose donc qu’il s’agit d’un message de Junien à mon intention, m’interdisant formellement de bouger d’ici. Je lui obéirai donc sans sourciller.

La femme de chambre arrive pendant cet échange et le jeune homme s’en va. Les draps sont tachés de sang. La femme sourit, mais ne fait aucun commentaire. Elle n’a, de toute façon, pas à dire quoique ce soit.

Elle est brune et tient ses longs cheveux en une natte épaisse. Elle est moche et a l’air dure et cynique. Comme séchée par le temps. Elle n’est pas bien vieille pourtant. Elle change les draps pendant mon repas et part avec les draps sales et le plateau dans les bras. Elle a des manières brusques. Le lit a souffert de son corps à corps avec cette réplique parfaite de catcheuse professionnelle. Une fois le match terminé, pas un pli n’est visible sur sa victime.

— Ce sera tout ?

—  Oui ! Oui !

— Bonne journée alors.

 

*

 

Une heure plus tard, je regarde les nuages en attendant mon époux. J’ai ôté ma robe de chambre, me suis lavée et parfumée pour le retour tant espéré de mon amant. Puis j’ai à nouveau enfilé mon déshabillé, avant de m’allonger sur le lit, le visage tourné du côté de la fenêtre. La porte s’ouvre, discrètement, si bien que je ne le vois pas ni ne l’entends non plus. Je commence à me détendre, en fermant les yeux pour mieux laisser mon esprit vagabonder vers ses souvenirs de ma nuit passée entre les bras de mon mari. Junien, qui sait se faire silencieux, se déshabille et s’approche du lit.

Il se poste droit devant moi.

— Fait moi l’amour Ambre !

Surprise, j’ouvre les yeux en sursautant. Junien m’a fait peur, mais il a surtout éveillé en moi le désir que son attente a attisé.

— Déshabille-toi et fait moi l’amour !

Je m’assois sur le lit et commence à défaire ma ceinture. Junien tombe alors à genoux devant moi, m’agrippant les mains avec fermeté. Il desserre ma ceinture et m’ôte ma tenue avec panache. Il me regarde dans les yeux.

— Fais moi l’amour Ambre, j’ai envie de toi !

— Moi aussi, je...

Il m’embrasse et me plaque sur le lit sans me laisser continuer ma phrase. Il s’approche de mon oreille.

— Fais comme ce matin, je veux y sentir tes doigts.

Il se couche sur le côté droit et je me plaque contre son corps un peu rafraîchi par la climatisation des couloirs.

Je caresse son torse, l’embrasse, mais la main impatiente de Junien mène la mienne là où il veut qu’elle aille. Je me laisse guider. Junien s’abandonne sous mes mains apprenties, il aime que je lui obéisse. Je sens ce sexe viril gonfler et se durcir entre mes doigts et en éprouve plaisir et fierté. Junien sent bon, il s’est lavé avant de revenir et l’odeur du savon s’évade de sa peau. Je le lèche, suce ses tétons, utilise à peu près le même chemin sur son corps que celui qu’il a suivi sur moi quelques heures auparavant.

Junien approche son visage du mien et m’embrasse, mais ma main ne quitte pas l’endroit où il veut qu’elle soit. En même temps qu’il m’embrasse, Junien passe sa main gauche sur ma poitrine puis pénètre mon sexe lubrifié avec celle-ci. Il y fait valser son index et fait de la place à son majeur. Surprise au départ par ce geste si discourtois, je découvre que ce genre de pratique me fait très vite oublier mes bonnes manières. J’entre, alors, peu à peu dans le même état que celui dans lequel Junien m’a mise hier soir. Ses doigts me massent avec plus de pression encore que son membre et ses dents qui se promènent sur mes mamelons me font presque oublier mes obligations envers lui.

Puis une fois entièrement sous son contrôle, Junien sort ses doigts de la chaleur de mon corps et se place au dessus de moi. Alors que ma main droite continue de lui obéir, plus frénétique que jamais. Je comprends immédiatement ce qu’attend mon amant et le dirige instinctivement vers le lit douillet que Junien a déjà préparé de la ferveur de ses doigts.

Il me laisse faire. Je l’enlace.

Son va et vient se fait de plus en plus intense, de plus en plus vif, de plus en plus fort. J’entre dans un état d’excitation incontrôlable, je dévore ses lèvres, dévore son cou. Sa dextérité me met en effervescence. Puis arrive un orgasme commun. Ensemble nous jouissons de cet amour, de ce jeu. Et le va et vient perd de son élan pour s’arrêter enfin.

Lorsque la douleur ne vient pas, la capacité qu’a Junien à me faire monter au septième ciel augmente. Et je suis impatiente qu’il me désire à nouveau.

Junien s’allonge à côté de moi, exténué. Le sourire aux lèvres, je me blottis contre lui pour m’endormir heureuse.

 

*

 

Après une semaine de voyage de noce dans un lit d’hôtel, nous rentrons chez nous. La maison nous attendait, toujours aussi grande, toujours aussi impressionnante. Je suis heureuse, l’incident de notre mariage est oublié. Je n’aurai pas d’enfant, mais je l’aurai lui.

Mon Junien.

 

 

 

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