La ligne verte de Stephen King

 Bonjour à tou.te.s 🙂,

 

En tant que romancière fraîchement lancée dans l’aventure « vivre un jour de l’écriture »,  je me suis donné pour objectif de lire un maximum de livres écrits par Stephen KING (parce qu’il porte bien son nom). En évitant tout de même au moins Cujo et Simetière (à ce qui paraît, ce ne sont pas des histoires pour moi 😇).

 

Je me suis donc lancé dans la lecture d’un deuxième livre écrit par lui et dont j’ai adoré la version cinématographique : « La ligne verte »

Lu par Jean-Philippe PUYMARTIN

Durée : 15h10

Éditeur : Audiolib

Ma notation sur la plateforme :

Global : 5/5 étoiles

Performance : 5/5 étoiles

Histoire : 5/5 étoiles

 

Quand j’ai entamé son écoute, je me suis dit : rien ne presse, tu as d’autres livres papiers à lire. Le fait est que j’ai été happée par l’histoire (même si je la connaissais déjà). Je retrouvais John Caffey (comme le café, sauf que ça ne s’écrit pas pareil), Paul, Brutal… Percy (méchant !) et tous les autres.

J’ai vu le film plusieurs fois… pas autant que ce que j’aurais voulu, parce que je pleure trop devant (mais ça veut dire que je connais l’histoire !). Pourtant, je n’ai pas réussi à décrocher de mon application. Un roman que j’avais prévu d’écouter en deux semaines, je l’ai fini en trois jours. Autant dire que j’ai lâché toute autre lecture.

Mais je l’ai écouté et j’ai pleuré… beaucoup.

 

L’histoire :

Paul Edgecombe, maintenant en maison de retraite, prend un peu de son temps pour raconter cette période de sa vie, en 1932, où il a rencontré John Caffey – un géant noir au corps musclé et au tempérament doux et docile – condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes, sœurs jumelles.

Atteint d’une infection urinaire, Paul souffre le martyre, mais préfère la laisser partir seule plutôt que prendre un traitement (qui à l’époque est pire que le mal). Peu de temps après son arrivée, alors que Paul se retrouve seul pour garder les prisonniers, John l’appel dans sa cellule et Paul, comme envouté, s’exécute.

John pose sa main sur Paul et le guérit.

À partir de ce moment-là, la vie de Paul est chamboulée et s’en suit une aventure aussi humaine que crève-cœur.

 

Ma conclusion :

Rien à voir avec l’histoire, mais j’ai été heureuse de découvrir que même le grand Stephen KING utilise des adverbes et des verbes d’expression (avant… je n’y prêtais pas attention) et que ça ne gâche rien ni au roman, ni à la tournure des phrases. Ouf !

Pas de trop… mais un peu quand même. Ça a réduit la pression que je mets sur mes épaules à ce propos.

 

Ce que j’aime tout particulièrement chez cet auteur c’est sa simplicité dans les termes choisis et dans les images (qui font très souvent mourir de rire mon mari). Simple, mais juste. Je voudrais bien dire fin, mais… je dirais plutôt populaire 😉.

En même temps Stephen KING est quand même reconnu pour ça.

Je n’aime pas particulièrement la forme roman feuilleton, qui implique pas mal de répétitions, vu qu’il faut rappeler où on en était dans l’épisode suivant… mais ça va, il n’y a pas trop d’épisode non plus.

J’ai apprécié que l’acteur qui lit le livre soit le même que celui qui double Paul Edgecombe (jeune) dans le livre. Ça m’a rappelé les images du film. Après, du coup, ça avait aussi l’inconvénient de faire revenir les visages des acteurs et donc de brider mon imagination. Mais j’aime bien la voix de Jean-Philippe PUYMARTIN.

Enfin et surtout : quelle humanité dans ce livre ! Les personnages sont livrés avec leurs défauts et leurs qualités. Les détenus surtout. La justice envoie des êtres capables de crimes et pourtant, lorsqu’ils sont dans le bloc E (pour la plupart), ils sont si ordinaires… aussi démunis que n’importe qui face à la veuve courant. Le passage où le Cajun exprime à Paul son regret de ne pas l’avoir rencontré plus tôt m’a particulièrement touchée. J’avais déjà vu une scène similaire dans Maigret – un jeune homme condamné à la guillotine exprimait son regret au commissaire de ne pas l’avoir eu comme père… sa vie aurait pu être différente si tel avait été le cas.

J’aime beaucoup comment la condamnation à mort est abordée. Un mal qui habite des coquilles qu’on élimine. Les coquilles s’éteignent et le mal perdure… que ce soit par la chaise que par l’injection. C’est tellement vrai je trouve.

Des sujets lourds, comme les abus de certaines personnes qui ont l’avantage de connaître du beau monde, le racisme ou la condamnation à mort des personnes à intelligence limitée, sont abordés ici avec humilité et discrétion… mais comment passer à côté, tellement ils sont présents.

Par contre ! Stephen KING est un sadique ! Je persiste et signe.

Le film épargne les téléspectateurs de scènes que le livre aborde avec… moult détails 😭. Autant dire que si j’ai pleuré devant le film, en écoutant le livre j’aurais inondé une cartouche de paquets de mouchoirs en papier si (heureusement pour la planète) je n’utilisais pas des mouchoirs en tissus.

Il faut croire que la leçon n’a pas suffi, puisque je suis allée vérifier sur Netflix si j’avais accès au film. La réponse étant à l’affirmative, je compte bien le regarder ce week-end.

 

Attention spoiler :

Il y a une chose que j’ai notée dans cette histoire qui est présente dans le film, mais un peu plus développée dans le livre (je trouve) : c’est l’usure émotionnelle de John. Dans sa cellule, il passe la majeure partie de son temps à pleurer la souffrance et la violence qu’il ressent autour de lui.

Je me suis amusée à faire le parallèle avec une question que Paul pose : « Comment vais-je pouvoir expliquer que j’ai participer à la mort d’un de ses miracles quand je me présenterai à Dieu ? »

Soyons honnête, si Dieu (je ne suis pas croyante, je peux me tromper… mais il me semble que c’est ça) peut intervenir sur les vies de chacun quand il veut, envoyer un de ses miracles dans le couloir de la mort pour que ce soient des geôliers bienveillants qui s’occupent de ses derniers instants ne devrait pas être difficile.

Maintenant… Dieu dit aussi : « tu ne tueras point », il me semble. Donc miracle ou juste créature de Dieu, je ne suis pas certaine qu’il y ait une grande différence. Mais ce n’est que mon avis.

Mon ressenti là-dessus est justement qu’il obéit à la volonté divine de soulager John de façon digne. Non pas abattu comme un « nègre » (surtout dans la région à cette époque) dans un champ par un homme fou de chagrin d’avoir perdu ses filles (ou ses sœurs), mais par des hommes qui auront pris le temps de le connaître, de lui offrir les derniers jours de vie les plus agréables possible… puisque je le rappelle, John est éreinté et heureux que bientôt tout s’arrête (même si comme tout le monde, il a peur de la mort). En plus, Paul laisse une trace écrite derrière lui sur cette rencontre extraordinaire.

Ça la pète, ça ! Non ?

Son passage au couloir de la mort confirme aussi ce que John dit : « c’est comme ça partout où je vais. » Partout où il va… même dans le bloc E.

J’aurais envie de parler des heures de ce livre, tellement je me sens en osmose avec ce que ressent John. Ce qui me désole, c’est que depuis 1932, on peut constater que rien (ou presque) n’a changé.

 

Bonne semaine et bonnes lectures (écoutes) 😘.

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